Pourquoi le faisons-nous ?

 

Pourquoi construire des maisons pour des personnes handicapées mentales qui pourraient , du moins c’est ce que l’on entend souvent dire, habiter chez leurs parents.

 

Bien que la situation soit préoccupante pour toutes les tranches d'âge, elle est particulièrement dramatique pour les jeunes adultes. Exclus du système scolaire à 21 ans après avoir été stimulés à développer au maximum leurs possibilités d'apprentissage et leur capacité d'autonomie et de socialisation, les jeunes  se retrouvent le plus souvent à la charge de leurs parents.

 

Les conséquences de cette situation peuvent se révéler catastrophiques: régression dans le processus d’autonomie, perte des acquis faute de stimulations quotidiennes par des professionnels et danger de repli sur soi. Pour les parents: perte d'emploi, précarisation, isolement, épuisement .

 

Devenus plus âgés, ils représenteront une charge trop lourde pour les parents vieillissants ou se retrouveront seuls. Ils risquent alors d'avoir perdu leur capacité à s'intégrer de manière satisfaisante dans un lieu de vie collectif.

On peut craindre, à ce moment que les hospitalisations pour une aide psychiatrique soient plus fréquentes, avec comme conséquence un coût supplémentaire exorbitant pour la collectivité.

 

Les adultes handicapés doivent pouvoir évoluer dans un environnement adapté à leurs besoins et les lieux de vie doivent garantir:

- Un encadrement professionnel capable de susciter l'élaboration de leurs projets et le développement de leurs aptitudes spécifiques par des activités adaptées à leurs capacités et souhaits.

 

- Un environnement vivant et chaleureux qui offre une sécurité affective permettant de recréer une "deuxième famille". C’est là un point fondamental.


Toute personne handicapée mentale quel que soit la gravité de ce handicap souhaite son indépendance lorsqu’elle arrive à l'âge adulte et cela se traduit le plus souvent par la volonté de quitter le domicile parental. C’est ce que font tous les jeunes. Le fait qu’ils soient handicapés ou pas n’y change rien. Cette indépendance est fondamentale car une personne avec un handicap mental peut être profondément heureuse si elle vit dans une maison qui respecte notre charte et nos valeurs.

Ces maisons deviennent alors la maison de la personne qui y est accueillie. Elle y a sa chambre, ses amis, sa vie.

 

Ceci est parfois difficile à accepter mais il ne faut pas oublier que la plupart des personnes avec un handicap mental connaissent cette situation depuis leur naissance et l’acceptent si elles se sentent considérées au lieu d’être rejetées.